
Nous avons ici, avec le projet d’enfouissement des déchets ultimes sur le site dit de Barbossi, l’illustration de la perte du souci de l’intérêt général comme des valeurs de solidarité. La défense de l’environnement pour nos décideurs consiste à se repasser cette patate brûlante en forme de question :
Que faire de tous nos déchets ?
· Toutes les communes, leurs citoyens et donc les z’élus, sont d’accord sur un seul point : "Pas de ça chez nous"
· Les grands groupes qui gèrent les services de l’environnement (Véolia, Lyonnaise des Eaux, Saur.) guettent le moment où rien ne pourra se faire sans eux. Ils ont les moyens d’attendre et une "influence" appelée aussi lobbying.
· L’état, du haut de son Grenelle de l’environnement, attendra lui aussi l’épuisement des participants en cette bataille et missionnera alors son arbitre local le préfet, pour signifier la fin de la partie par un coup de gong nommé P.I.G. (pour Projet d’Intérêt Général).
Ensuite, il ne servira à rien de finasser à coup de batailles juridiques de retardement, comme entend le faire encore une fois notre maire pour s’opposer à la décision de mise en conformité de la station d’épuration des eaux. Ce dernier à beau clamer, la main sur le coeur, qu’il a fait siennes les directives de l’agenda 21, la notion de développement durable, et pendant qu’il y est, la HQE (Pour haute qualité environnementale), en vérité il n’a tout simplement pas admis que le projet retenu pour cette station soit issu des tiroirs de Bernard Brochand, son ennemi obsessionnel.
Mais revenons à Barbossi. Pour ne pas être en reste l’opposant de droite à notre maire affirme sans rire qu’il résistera par tous les moyens à la réalisation de ce funeste projet. Parole d’expert, qui oublie au passage que pour ne pas avoir à enfouir des déchets, le meilleur moyen serait encore de ne pas en créer ! Un exemple : la restauration rapide produit en Europe 500.000 tonnes de déchets par an ! Une partie est sans doute recyclable, mais une autre partie balise nos routes, nos parcs et nos chemins. Sans parler de l’empreinte écologique produite par les élevages intensifs, les cultures OGM (huile de friture) la déforestation pour les emballages, la climatisation pour la couche d’ozone, la pollution des voitures de clients et bien d’autres nuisances encore telles que l’obésité.
Face à cela, les "spécialistes" invités récemment à L’Assemblée Générale de l’association pour la "Sauvegarde et Défense de l’Environnement de Mandelieu La Napoule et de l’Esterel" (à laquelle "On Avance" a assisté), n’ont pas apporté de solutions nouvelles, ni de réponses convaincantes quant à l’avenir du site de Barbossi. Saluons au passage l’excellent travail d’analyse et de mobilisation de cette association et de son Président Jean-Claude Glomaud. (www.sauvegarde-mandelieu.com).

Nous pouvons juste regretter que cette réflexion d’association, ne s’inscrive pas dans une démarche plus "politique" et donc élargie au fonctionnement de nos sociétés. Car après avoir dit non à ce projet, qu’a-t-on dit sur ses causes profondes et sur les acteurs qui l’ont initié ? Rien. Pas de questionnement sur cette doctrine de la croissance effrénée, dont les adhérents de cette association, pas plus que la majorité des citoyens, ne sont les principaux bénéficiaires. (Plus de 12% de la population azuréenne vit sous le seuil de pauvreté. La lutte contre la pauvreté est un objectif prioritaire de l’agenda 21 si cher au maire. L’a-t-il lu ? )
Mais cette association rassemblerait-elle autant si elle approfondissait son analyse au plan politique ? Sans doute non, mais elle pèserait probablement davantage sur les décideurs en établissant un rapport de force plus favorable à ses buts.
Les questions qui se posent à nous aujourd’hui ne sont plus seulement : "La station d’enfouissement des déchets se fera-t-elle à Mandelieu ou pas ?" mais entre autres :
· Si elle ne se fait pas sous cette forme et à cet endroit, qu’adviendra-t-il des déchets concernés ? Qui en subira les nuisances ?
· Nos concitoyens sont-ils prêts à mettre en oeuvre des solidarités et des partages de charges ?
· Vont-ils enfin consentir, à faire le lien entre la mortifère dérive écologique et la désastreuse politique globale de notre pays que met en pratique l’idéologie dominante du "chacun pour soi".
Méthanisation, incinération, compost, torche à plasma, thermolyse tous ces moyens d’évacuation méritent discussion, mais où en est le débat citoyen ?
Quelles informations reçoivent les habitants pour qu’ils puissent se faire un jugement ? Décider de faire envoyer tout bonnement nos déchets au loin dans l’arrière pays, chez les pauvres, est une solution irresponsable. Compter qu’ils accepteront moyennant finance (certaines communes comme la nôtre sont riches) de recevoir nos déchets est indigne. C’est autant une offense à la République qu’une illusion de colonialiste.
Nous connaissons la tendance lourde de Mandelieu et de ses environs qui consiste au repli sur soi. Individualisme qui confine à l’égoïsme. Il n’est que de voir se multiplier les résidences bardées de grilles, de codes d’entrée, de vidéo surveillance et de vigiles. Ghettos de luxe habités au tiers de leurs capacités, ce n’est certainement pas là qu’on apprend à jouer collectif. Et les partisans de ce projet ne manqueront pas de profiter de cet état d’esprit.
Notre maire veut ce développement dont les classes moyennes ne profitent pas, et dont les jeunes ménages et les foyers modestes sont évidement tenus à l’écart.
Comment dans ces conditions trouver une solution satisfaisante au problème "Barbossi", autre que le non brutal qui précédera ou suivra d’autres refus de toutes les communes sollicitées ?
Manifester, pétitionner rassembler, informer et surtout débattre sur la place publique, nous à gauche dans la cité, nous y sommes toujours prêts. La politique ne se divise pas, elle forme un tout et suit sa propre logique. Le projet Barbossi est un avatar du libéralisme sans frein qui nous gouverne, et qui est malheureusement subi quand il n’est pas consenti faute d’une opposition organisée et conséquente. (On a vu, et on voit encore, ce que donne à Mandelieu la confusion des genres et des unions politiques contre nature.)
C’est contre cette politiqu
e de la droite réactionnaire représentée par le maire et les adhérents de son parti politique qui le soutiennent que nous nous sommes engagés à lutter.
Barbossi fait partie de ce combat politique. Soyons nombreux à le partager.
