Nous recevons l’article suivant de Michèle Pastorelli Conseillère Municipale de Mougins.
Nous nous y associons.

DE L’AIR !
L’union sacrée ?
Haro sur les avions, et surtout, haro sur leurs nuisances sonores !
Depuis quelques temps, les élus du bassin cannois font la trêve de leur guerre des chefs, et tous nous jurent, la main sur le cœur, que « nous sommes tous également victimes » de ces pelés, ces galeux, ces avions qui nous survolent en nous dérangeant dans nos siestes calmes d’aoûtiens somnolents !
Personnellement, je trouve assez cocasse cette vertueuse indignation !
Comment, Messieurs les édiles, vous ne vous doutiez pas qu’une « CCI », comme son nom l’indique, fait du commerce ? et que si elle a beaucoup de clients, elle n’a aucune raison de les refuser ? Est-ce aujourd’hui que vous découvrez qu’à aucun moment, les quotas de vols prévus n’ont été respectés ?
Avez-vous la naïveté de nous croire assez sots (ou la sottise de nous croire assez naïfs !), pour imaginer que la prochaine charte sera « meilleure », et, si elle l’est, qu’elle sera mieux respectée ?
Chacun y va de son analyse, de son comptage, de son plan de survol : d’accord, survolez, mais, s’il-vous-plaît, la commune voisine (là, ils sont moins nombreux, leur habitat est plus diffus, le manque à gagner touristique est moindre… peut-être ont-ils les oreilles moins sensibles ?)
Et puis, surtout, ne parlons que des nuisances sonores ! pourtant, ces avions qui nous survolent font du bruit, mais ne dégagent-ils pas, aussi, fumées et vapeurs, pas forcément très écologiques ?
Mais enfin, comptons-les, limitons-les, faisons-les passer « au large », peut-être donnons un peu d’argent pour qu’on leur fabrique un moteur qui soit « moins bruyant » ? Demandons aux pilotes d’être plus attentifs, aux clients de faire du co-avionage (venir à 3 personnes au lieu de 1,5 par jet, comme c’est, je crois, la moyenne !)….
Et ainsi, ces Messieurs nos édiles pourront continuer, toujours la main sur le cœur, à prôner le développement exponentiel d’un tourisme de luxe, feutré, « bon chic, bon genre », attirant des touristes qui se pâmeront devant le « village fleuri », la « haute gastronomie », et nos élites de dérouler devant eux les tapis rouges !
Bien sûr, certains de ces touristes arrivent par jet privé, quand ce n’est pas par hélicoptère… Mais où est le problème ? On ne va quand même pas reprocher à ceux qui en ont les moyens de faire marcher l’économie ? vous ne voulez pas faire du tourisme avec des SMICards ? Mme Pastorelli, soyez réalistes ! arrêtez de faire de la démagogie !
Hé bien oui ! j’en ai assez de ces hypocrisies de bon ton, de ces études techniques qui justifient n’importe quoi, et de ces débats qui noient le poisson !
Bien sûr, le problème du survol des avions est un problème qui touche tout le monde, qui nous gêne tous ! Mais, malgré les apparences, ce problème n’est pas « tombé du ciel » !
Il est dans la logique POLITIQUE du choix de la majorité locale, c’est-à-dire d’abord du choix des électeurs, qui ont voté pour les édiles qu’il ont : des petits chefs qui se font la guerre, mais qui tous, comme un seul homme, sont dans le parti actuellement au pouvoir, le parti qui fait le choix de poursuivre une politique favorable aux nantis, et qui se moque des défavorisés, et de la santé de la planète, comme de sa première chemise !
Localement, la politique départementale est complètement verrouillée et menacée par les projets d’aménagements de la Plaine du Var, qui semblent déjà « ficelés » par Estrosi, au mépris de toute démocratie.
Le devenir de l’aéroport de Mandelieu est fortement lié à ce projet de l’O.I.N de la Plaine du Var. Selon ce que sera cet aménagement, l’aéroport de Mandelieu pourra ou pas, avoir un développement maîtrisé.
Alors, oui, mobilisons-nous contre les nuisances aériennes (contre TOUTES les nuisances), étudions techniquement la meilleure faisabilité d’une charte respectueuse de l’environnement et des riverains. Mais surtout, ne soyons pas dupes : ceci ne sera jamais suffisant si la politique nationale, et départementale, ne change pas de cap.
Et pour cela, essayons de nous réveiller, et pas seulement lorsqu’une pierre tombe dans notre jardin ! … et prenons un peu d’altitude!
Michèle PASTORELLI
Conseillère municipale
MOUGINS
